Montesquieu
Juin 2011

Jean-Jacques Rousseau, Montesquieu, Discours et écrits

De l’esprit des lois, livres I-III ; Discours sur l’économie politique

Jean-Jacques Rousseau, Montesquieu, Discours et écrits (De l’esprit des lois, livres I-III ; Discours sur l’économie poli­ti­que), Les Éditions de l’Épervier, « Les grands com­bats de la liberté », s.l., 2010, 111 pages, ISBN 978-2-36194-005-8.

Cet ouvrage de petit for­mat s’ins­crit dans une col­lec­tion où figu­rent Hugo et Lamartine, Marx et Proudhon, Louise Michel et Sébastien Faure ; aucun éditeur scien­ti­fi­que n’est signalé : on peut pen­ser que le rôle en est assuré par le direc­teur de col­lec­tion (Michael Vernan), dont le seul nom est donné.

Il s’ouvre avec une « Présentation » de deux pages qui conclut en rap­pro­chant Montesquieu et Rousseau pour en faire « les pères des révo­lu­tion­nai­res de 1789 et de 1793 », leurs « prin­ci­pes » étant « encore au fon­de­ment de notre modèle répu­bli­cain ». Il s’achève avec deux « Chronologies » dont on ne s’attar­dera pas à rele­ver tou­tes les erreurs, approxi­ma­tions, bévues, etc. Ne cher­chons pas noise à une pré­sen­ta­tion aussi som­maire, ni à une publi­ca­tion qui veut ren­dre acces­si­bles, à un prix pas tout à fait modi­que cepen­dant (près de dix euros), des pages essen­tiel­les. Ces deux tex­tes brefs sont pro­po­sés à la lec­ture sans appa­rat cri­ti­que qui en alour­disse la pré­sen­ta­tion et pres­que dans leur fraî­cheur ini­tiale.

Le choix de ces tex­tes sem­ble s’impo­ser de lui-même, tout comme le rap­pro­che­ment des deux auteurs, bien qu’ils repo­sent l’un et l’autre sur un fon­de­ment très vague, que l’on trouve fina­le­ment énoncé de la manière la plus claire par la qua­trième de cou­ver­ture : « Les pre­miers ils ont rompu avec la tra­di­tion anté­rieure [sic], qui depuis Platon jusqu’à Hobbes avait tou­jours jus­ti­fié les pou­voirs forts. » Tout comme les conclu­sions de la Présentation citées ci-des­sus, cette jus­ti­fi­ca­tion mon­tre les limi­tes de l’exer­cice : l’ouvrage sem­ble sur­tout des­tiné à inci­ter le lec­teur à réflé­chir sur l’époque actuelle à par­tir de tex­tes que l’on sou­haite faire par­ler par eux-mêmes, et bien peu à pré­sen­ter les auteurs et les tex­tes de manière quel­que peu rigou­reuse.

On remar­quera que la pré­face de L’Esprit des lois est pri­vée de ses notes (cel­les des livres I à III sont regrou­pées à la fin du texte) ; et seule la Chronologie signale que l’édition du Discours sur l’économique poli­ti­que de 1758 (l’arti­cle « Économie poli­ti­que » de l’Encyclopédie) remonte en fait à 1755.

Catherine Volpilhac-Auger

ENS de Lyon