Montesquieu

Sous la direc­tion de Pierre Rétat. Textes établis, pré­sen­tés et anno­tés par Lorenzo Bianchi, Cecil P. Courtney, Carole Dornier, Jean Ehrard, Catherine Larrère, Sheila Mason, Edgar Mass, Sylvain Menant, Alberto Postigliola, Pierre Rétat, Catherine Volpilhac-Auger. Coordination éditoriale : Caroline Verdier. 2003, xlvi + 644 p.

Le pre­mier volume des Œuvres et écrits divers réu­nit trente-trois tex­tes, publiés par une équipe inter­na­tio­nale et plu­ri­dis­ci­pli­naire de cher­cheurs, depuis le résumé d’his­toire romaine pris en note par le jeune élève des Oratoriens en 1700 jusqu’aux Considérations sur les riches­ses de l’Espagne, écrites en 1727 avant le départ pour le voyage en Europe. On y per­çoit les orien­ta­tions mul­ti­ples, scien­ti­fi­ques, poli­ti­ques, mora­les et lit­té­rai­res d’un Montesquieu qui cher­che sa voie et adopte des gen­res d’expres­sion très variés, dis­ser­ta­tion savante, dia­lo­gue, poé­sie… Les nom­breux dis­cours qui trai­tent de phy­si­que et d’his­toire natu­relle mani­fes­tent l’impor­tance de l’expé­rience aca­dé­mi­que dans la for­ma­tion de son esprit et de sa méthode, tan­dis que la fic­tion poé­ti­que et anti­qui­sante du Temple de Gnide (dont une biblio­gra­phie com­plète atteste l’étonnant suc­cès) relève d’un goût de l’ima­gi­naire dont d’autres œuvres, comme le Dialogue de Sylla et d’Eucrate, sont une expres­sion har­die et para­doxale. Plusieurs tex­tes inconnus jusqu’à pré­sent sont révé­lés (par exem­ple un mémoire sur l’Optique de Newton), tous font l’objet pour la pre­mière fois d’une édition cri­ti­que d’après le manus­crit auto­gra­phe, la meilleure copie ou à défaut la pre­mière édition impri­mée. Une étude intro­duc­tive retrace l’his­toire éditoriale de ce qu’on a appelé « œuvres diver­ses » dans la pra­ti­que lit­té­raire des époques suc­ces­si­ves et à l’inté­rieur des « œuvres com­plè­tes » de Montesquieu.