Montesquieu

p. 33-55

Résumé

La lec­ture dur­khei­mienne de Montesquieu, dans sa thèse latine de 1892, pose un pro­blème que la tra­duc­tion de Cuvillier ne laisse pas per­ce­voir : le pas­sage de l’ancienne science poli­ti­que, cen­trée exclu­si­ve­ment sur les modes de gou­ver­ne­ment, qui usurpe le nom de science, à la nou­velle science sociale, capa­ble quant à elle de pré­ten­dre au rang de science poli­ti­que authen­ti­que. En exa­mi­nant la manière dont Durkheim inter­prète la qua­tri­par­ti­tion entre répu­bli­que, monar­chie, des­po­tisme et démo­cra­tie infé­rieure, on est en mesure de res­sai­sir le sens et la por­tée poli­ti­ques de la socio­lo­gie nais­sante – non seu­le­ment sa fon­da­tion scien­ti­fi­que, mais aussi les trans­for­ma­tions qu’elle fait subir à cer­tains concepts car­di­naux de la phi­lo­so­phie poli­ti­que clas­si­que.

Absract

Durkheim’s rea­ding of Montesquieu, in his Latin the­sis of 1892, rai­ses a pro­blem which can­not be per­cei­ved in Cuvillier’s trans­la­tion : the tran­si­tion from the old poli­ti­cal science cen­tred exclu­si­vely on the forms of govern­ment, which usurps the name of science, and the new social science, which on the contrary is entit­led to be cal­led an authen­tic poli­ti­cal science. By exa­mi­ning the way in which Durkheim inter­prets the four-way divi­sion of repu­blic, monar­chy, des­po­tism and infe­rior demo­cracy, we can reco­ver the mea­ning and poli­ti­cal impli­ca­tions of the new socio­logy – not only its scien­ti­fic foun­da­tion, but also the trans­for­ma­tions it effects in cer­tain car­di­nal concepts of clas­si­cal poli­ti­cal phi­lo­so­phy.