Compte rendu 2020 de l’édition des Œuvres complètes

Compte rendu de l’édition des Œuvres complètes de Montesquieu

Octobre 2020

Un hommage à Pierre Rétat avait été annoncé en septembre 2019 ; il a été mis en ligne en novembre 2019 sur le site Montesquieu.

Éditions imprimées

Pour le tome XX (Correspondance, III), une mauvaise nouvelle : l’impression, impatiemment attendue, ne se fera pas avant 2021. Nous avions remis l’ouvrage à ENS Éditions dans les derniers jours de 2017, et le volume mis en page a été adressé à Classiques Garnier pour impression en septembre 2019, en même temps que le contrat était envoyé par voie physique. Celui-ci n’avait pas été envoyé en recommandé avec accusé de réception ; Classiques Garnier a déclaré ne pas l’avoir reçu, et avoir relancé vainement ENS Éditions à ce propos au printemps dernier. Selon Claude Blum, aucune impression ne peut être lancée sans signature de contrat ; donc tout cela n’a été réglé qu’en octobre, après plusieurs échanges entre ENS Éditions et Classiques Garnier.

CVA a par ailleurs relancé le Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine, auprès duquel elle avait déposé une demande de subvention de 1 000€ à l’automne 2019 (tous les volumes précédents ont été ainsi subventionnés). Aucune réponse, alors que celle-ci aurait dû être donnée au printemps 2020. Il ne faut pas être optimiste : actuellement, les subventions aux activités culturelles de la Région N-A sont en chute libre, comme on pouvait malheureusement le deviner.

Tomes XIV-XV (Pensées) : La relectrice (Anne-Lise Martin, dont nous connaissons et apprécions le travail) avait été retenue pour fin août. Mais nous attendons toujours le retour d’un des relecteurs, à qui les 1 000 pages ont été envoyées à la mi-juin ; l’autre relecteur a effectué très rapidement son travail, avec des précisions bienvenues, quelques corrections mineures, et surtout beaucoup de félicitations de sa part pour l’annotation d’ordre historique qui a été réalisée sur sur ce texte difficile (félicitations qui retombent sur Nadia et Christine Théré, qui y ont si fortement contribué). Il reste encore un travail à achever : l’index matières, commencé à l’été 2019, et si complexe qu’il est toujours en attente. Pour la première fois, l’index des noms a été fait avant la mise en pages – or il est très utile de le faire avant livraison à l’éditeur ; il faudra en retenir le principe, qui est applicable à partir du moment où on ne renvoie pas à des pages, mais à des subdivisions du texte.

Tomes V-VI (L’Esprit des lois, imprimé) : le bilan est beaucoup plus positif. Jean Terrel et CVA ont pu continuer le travail par mail et en se réunissant à Bordeaux et en Auvergne en septembre et en octobre. Il avait été décidé l’année précédente de prendre les livres dans leur ordre de succession, à partir du livre II. Pour plusieurs livres on dispose d’une version ancienne (II, IV, VI, VIII, IX, XII, XIX) ; il en a été tiré tout ce que pouvait l’être, qui est parfois mince au regard de la méthode adoptée après élaboration du Spécimen. Est maintenant achevé le livre VII, et Jean Terrel travaille en ce moment en relation avec Céline Spector sur le livre VIII ; il doit le faire prochainement sur le livre IX avec Catherine Larrère (le livre X a été mis au point lors de la phase « Spécimen »). Le travail doit continuer au même rythme ; il est impossible d’envisager un calendrier actuellement, mais on y verra sans doute plus clair dans un an.

Édition en ligne

Une bonne nouvelle : Nadine Pontal, ingénieur d’étude de l’IHRIM, était affectée à 25% sur le projet Montesquieu. Nos réalisations et la réussite du projet Richard Lounsbery Foundation (voir point 7 du rapport du 28 mai, in fine) ont permis qu’elle soit désormais affectée à 50% (au moins) sur nos éditions. Cela devrait permettre de venir à bout des retards qui s’accumulent : par exemple la liste des autorités (voir point 5 du rapport du 28 mai, toujours en souffrance), mais aussi bien d’autres points techniques : par exemple la mise en relation des textes du Dictionnaire Montesquieu avec les éditions en ligne (Catalogue et œuvres), autrement dit la transformation d’une mention ou d’une citation dans les articles du DM en lien cliquable vers ces éditions. La Correspondance et l’Inventaire (voir ci-après) nécessitent des modalités nouvelles de présentation, qu’il faut mettre au point (ce devrait être fait cet hiver).

Les deux textes annoncés en septembre 2019 puis mai 2020, De la manière gothique et Essai sur le goût, ont été mis en ligne en juin 2020. De la manière gothique nous permet pour la première fois d’inclure un manuscrit dans l’interface de lecture synoptique .

Nous travaillons depuis un certain temps (voire un temps certain) sur la Correspondance 1700-1731. Il semble désormais plus réaliste d’envisager une première mise en ligne correspondant à la période 1700-1728 (jusqu’au départ pour les voyages), ce qui correspond à 280 lettres dans le tome XVIII , si l’on escompte une mise en ligne en 2021 – terme souhaitable pour nos divers financements, et pour notre propre moral. Il faudra aussi se mettre en 2021 au dernier volume de Correspondance (IV, 1750-1755) ; mais il serait prématuré d’envisager un calendrier pour cela.

L’Inventaire général de la Correspondance avance bien : actuellement plus de la moitié des fiches correspondant à la période 1700-1747 sont publiables ; on arrivera en fait à près de 900 fiches, car il faut ajouter au total actuel les lettres fantômes, qui ne sont pas présentées dans le tome XIX. Certes il manque encore parfois les dimensions de manuscrit (ces relevés sont longs et fastidieux, et les restrictions de circulation ne les facilitent pas ) ; l’identification des papiers, due à Claire Bustarret, pourra également être insérée ensuite. L’essentiel est qu’apparaissent les caractéristiques principales de chaque lettre, qui permettent les classements et les analyses, et qui rendront visible notre entreprise.

La publication de la correspondance peut aussi être l’occasion de mettre en ligne des œuvres dont il est question dans telle ou telle lettre : ainsi Philip travaille au Temple de Gnide, pour lequel il montre clairement que l’édition du tome VIII méritait d’être refaite. De son côté, Sylvain Menant a bien volontiers accepté que soient republiées ses éditions des petits poèmes de Montesquieu, notamment ceux qui sont en rapport avec Belébat (Épître au curé de Courdimanche, A madame de Prie, etc.) dont il est plusieurs fois question dans la correspondance de 1723-1725 (c’est aussi le moyen d’éditer ces tout petits textes qu’on ne saurait pas trop comment mettre en valeur autrement). S. Menant doit retrouver ses fichiers.

Mais il faudra aussi penser en priorité (d’ici le printemps) aux textes entrant dans le cadre du projet « Le Prince éclairé » pour la Richard Lounsbery Foundation : « De la politique », Réflexions sur le caractère de quelques princes (d’ici le printemps 2021). La convention entre l’Assemblée nationale, qui détient le manuscrit de « De la politique », et l’ENS, pour utilisation des images du manuscrit, a été signée seulement en septembre.