Montesquieu
 

Droit de réponse à l’article « Les Œuvres complètes de Montesquieu et Montedite »

Le comité de direc­tion des Œuvres com­plè­tes de Montesquieu tient à faire savoir que l’édition électronique des Pensées de Montesquieu, Montedite, diri­gée par Madame Carole Dornier et publiée par les Presses uni­ver­si­tai­res de Caen, cons­ti­tue le détour­ne­ment pur et sim­ple du tra­vail de trans­crip­tion assuré entre 2002 et 2010 au sein des Œuvres com­plè­tes, menées par la Société Montesquieu et l’UMR CNRS 5037 : parmi les « auteurs » de cette trans­crip­tion, plu­sieurs, qui avaient tra­vaillé avec Pierre Rétat et Catherine Volpilhac-Auger, n’ont jamais été en rela­tion avec Mme Dornier et n’ont même pas été aver­tis de cette publi­ca­tion.

Les direc­teurs de l’édition, par let­tre recom­man­dée, avaient refusé en décem­bre 2010 à Mme Dornier toute uti­li­sa­tion d’un tra­vail aux­quels ils avaient apporté une contri­bu­tion consi­dé­ra­ble, et dont elle n’était ni auteur ni pro­prié­taire : en reconnais­sant leur inter­ven­tion dans cette trans­crip­tion, Mme Dornier reconnaît avoir ignoré cette injonc­tion et s’être appro­prié ce qui ne lui appar­te­nait pas.

Il est tout aussi impor­tant de savoir qu’en octo­bre 2010, et au vu de plu­sieurs spé­ci­mens d’anno­ta­tion qui avaient été ins­tam­ment deman­dés à Mme Dornier, le comité de direc­tion una­nime avait reconnu que le niveau requis pour l’édition était loin d’être atteint et qu’il était impos­si­ble de lui confier plus long­temps la res­pon­sa­bi­lité d’éditer un recueil aussi dif­fi­cile (cet avis peut être consulté : Réunion du 16 octo­bre 2010 , rubri­que « Pensées (t. 14-15) »).

Le comité de direc­tion des Œuvres com­plè­tes de Montesquieu récuse tout lien quel qu’il soit avec Montedite ; il réaf­firme aujourd’hui que l’édition authen­ti­que des Pensées paraî­tra aux tomes 14 et 15 des Œuvres com­plè­tes : elle est actuel­le­ment en pré­pa­ra­tion selon une méthode et des prin­ci­pes scien­ti­fi­ques qui lui parais­sent la seule garan­tie de qua­lité d’un tra­vail d’édition et d’anno­ta­tion.

8 décembre 2013

Pierre Rétat (uni­ver­sité de Lyon 2) et Catherine Volpilhac-Auger (ENS de Lyon et Institut uni­ver­si­taire de France), direc­teurs

Cecil P. Courtney (Christ’s College, Cambridge)

Rolando Minuti (uni­ver­sité de Florence)

Alberto Postigliola (uni­ver­sité L’Orientale, Naples)

Philip Stewart (uni­ver­sité de Duke, Durham USA)


Sur injonc­tion de Maître Aline Lebret, avo­cat de Mme Carole Dornier, arguant de l’arti­cle 6 de la loi n° 2004-575 pour la confiance dans l’économie numé­ri­que et de l’arti­cle 4 du Décret n° 2007-1527 du 24 octo­bre 2007 :

Faisant suite à l’arti­cle mis en ligne le 8 décem­bre 2013 sur le site inter­net de la Société Montesquieu, met­tant en cause l’inté­grité et la qua­lité de son tra­vail, Mme Carole Dornier entend appor­ter à cet arti­cle la réponse sui­vante.

Mme Carole Dornier a tra­vaillé en col­la­bo­ra­tion avec la Société Montesquieu jusqu’en 2010. A cette date, la Société Montesquieu refu­sant de don­ner à son tra­vail un cadre juri­di­que défini, Mme Carole Dornier a mis un terme à cette col­la­bo­ra­tion. Elle a alors rap­pelé à la Société Montesquieu par cour­rier du 16 octo­bre 2010, qu’elle conser­vait sur son tra­vail de trans­crip­tion des Pensées, l’inté­gra­lité de ses droits patri­mo­niaux. Son œuvre est en effet enre­gis­trée auprès de l’Agence pour la Protection des Programmes sous le numéro IDDN.FR.001.380024.000.S.P.2010.00040000.

Aujourd’hui elle consi­dère comme dif­fa­ma­toire et inju­rieux l’arti­cle sus­visé, lequel pré­tend qu’elle aurait détourné le tra­vail de trans­crip­tion qui aurait été assuré entre 2002 et 2010 au sein des Œuvres com­plè­tes, menées par la Société Montesquieu et l’UMR 5037.

Ces affir­ma­tions sont contre­di­tes par les échanges entre 2009 et 2010 entre Mme Dornier et la Société Montesquieu, qui n’ont pu abou­tir à un accord sur le cadre juri­di­que de l’inter­ven­tion de Mme Dornier et ont conduit celle-ci à pro­té­ger son œuvre auprès de l’APP. Elle est léga­le­ment l’auteure de la trans­crip­tion des Pensées publiées par les Presses uni­ver­si­tai­res de Caen et acces­si­bles via l’édition électronique, laquelle est le fruit de son tra­vail per­son­nel. Le fait que Mme Dornier ait pu remer­cier dans le cadre de la publi­ca­tion de son tra­vail, les per­son­nes qui ont pu appor­ter une contri­bu­tion à cette édition, ne sau­rait cons­ti­tuer la reconnais­sance d’un droit patri­mo­nial sur l’œuvre pro­duite.

Enfin, les cri­ti­ques quant au sérieux du tra­vail de Mme Dornier sont inju­rieu­ses et infon­dées. La qua­lité des tra­vaux de Mme Dornier, les­quels font l’objet de publi­ca­tions régu­liè­res, est reconnue par ses pairs.


Madame Dornier a choisi la voie juri­di­que, et a fait appel à un cabi­net d’avo­cats. Le droit de réponse qu’elle exi­geait a été publié ; la Société Montesquieu ne cher­che pas la polé­mi­que et a accédé à sa demande, pour se pla­cer sur le seul plan qui lui importe : le plan scien­ti­fi­que.

Que la qua­lité des tra­vaux de madame Dornier ait été reconnue par ses pairs n’est pas contes­ta­ble : sans cela, la Société Montesquieu ne lui aurait pas demandé de par­ti­ci­per à l’édition du Temple de Gnide, puis de diri­ger l’équipe d’édition des Pensées. Mais le comité de direc­tion de l’édition des Œuvres com­plè­tes est par­fai­te­ment libre de juger insa­tis­fai­sant, selon les cri­tè­res qui sont les siens, le tra­vail qui lui a été sou­mis, et d’esti­mer qu’il n’avait à céder à aucune inti­mi­da­tion.

À trois repri­ses, au prin­temps 2008, en novem­bre 2009 et au prin­temps 2010, les direc­teurs de l’édition ont envoyé des cri­ti­ques détaillées et appro­fon­dies du tra­vail qu’elle leur avait sou­mis. Dans la let­tre de qua­tre pages qui accom­pa­gnait l’envoi du 11 novem­bre 2009, il lui avait été rap­pelé tou­tes les exi­gen­ces aux­quel­les ils l’invi­taient ins­tam­ment à se confor­mer. L’envoi lui-même com­por­tait trois pages de remar­ques d’ensem­ble et de détail sur la trans­crip­tion, et vingt et une pages de remar­ques sur l’anno­ta­tion des arti­cles 1-100.

Madame Dornier a pris soin de pro­té­ger son œuvre en la dépo­sant à l’Agence de pro­tec­tion des pro­gram­mes. Mais en décem­bre 2013, elle a déclaré parmi les six auteurs de la trans­crip­tion deux per­son­nes qui ont été dans l’obli­ga­tion de faire savoir, par let­tre recom­man­dée, que leur tra­vail avait été effec­tué dans le cadre de l’édition des Œuvres com­plè­tes, et d’elle seule, et qu’ils avaient trans­mis leur tra­vail aux direc­teurs de l’édition, jamais à madame Dornier, qui ne pou­vait alors se pré­va­loir d’aucun droit patri­mo­nial. Leur nom a été retiré depuis. Un autre auteur, dont le nom figure encore sur le site, doit en deman­der inces­sam­ment le retrait.

Après cela, il appar­tient à la com­mu­nauté scien­ti­fi­que de juger.

Le 19 mars 2014

Pierre Rétat (uni­ver­sité de Lyon 2) et Catherine Volpilhac-Auger (ENS de Lyon et Institut uni­ver­si­taire de France), direc­teurs

Cecil P. Courtney (Christ’s College, Cambridge)

Rolando Minuti (uni­ver­sité de Florence)

Alberto Postigliola (uni­ver­sité L’Orientale, Naples)

Philip Stewart (uni­ver­sité de Duke, Durham USA)

Ancien Président et actuel Président d’hon­neur de la Société Montesquieu, fon­da­teur de l’édition des Œuvres com­plè­tes, mem­bre de leur comité de direc­tion jusqu’à 2010, je suis plei­ne­ment soli­daire de l’atti­tude des direc­teurs et du comité de direc­tion dans cette affaire, de même que je ne puis ni com­pren­dre ni a for­tiori approu­ver le com­por­te­ment de madame Dornier.

Jean Ehrard