Montesquieu
Soutenance de doctorat

Diego Vernazza, « Le monde inquiet : Machiavel, Montesquieu et Tocqueville »

EHESS, 19 octobre 2011

Diego Vernazza sou­tien­dra sa thèse de doc­to­rat en phi­lo­so­phie poli­ti­que inti­tu­lée :

« Le monde inquiet : Machiavel, Montesquieu et Tocqueville »

le mer­credi 19 octo­bre 2011 à 9h à l’EHESS

salle 2, 105 bou­le­vard Raspail, 75006, Paris.

Le jury sera com­posé de :

Robert Damien, Université Paris Ouest Nanterre – Paris X

Pierre Manent, EHESS (Directeur de thèse)

Thierry Ménissier, Université Pierre Mendès France – Grenoble II

Philippe Raynaud, Université Panthéon-Assas – Paris II

Céline Spector, Université Michel de Montaigne – Bordeaux III

Paul Zawadski, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I.

Résumé

Cette thèse pro­pose une inter­pré­ta­tion des œuvres de Machiavel, de Montesquieu et de Tocqueville à par­tir de la mise en place d’une conver­sa­tion entre elles. Son enjeu prin­ci­pal est inter­pré­ta­tif : il s’agit de jeter un peu plus de lumière sur trois œuvres clas­si­ques de la phi­lo­so­phie poli­ti­que occi­den­tale. Comme fil direc­teur, on sui­vra ici l’his­toire de la notion à la fois anthro­po­lo­gi­que, poli­ti­que et sociale d’« inquié­tude ».

L’autre grand enjeu de cette thèse est de contri­buer à met­tre en valeur cette « science poli­ti­que nou­velle », comme l’appel­lera Tocqueville, qui se carac­té­rise par la recher­che d’une arti­cu­la­tion sin­gu­lière entre l’ana­lyse du fait, de la vie sociale telle qu’elle est, et la cri­ti­que poli­ti­que, la mise en ques­tion de ce qui est. Ce que Machiavel, Montesquieu et Tocqueville ont en com­mun, c’est le fait de pen­ser à par­tir d’une expé­rience, tout en se don­nant les moyens du juge­ment et de la cri­ti­que. Dégager ces dif­fé­rents rap­ports entre l’ana­lyse et la cri­ti­que sociale et poli­ti­que, cher­cher des cri­tè­res capa­bles d’infor­mer le juge­ment poli­ti­que là où il n’y a plus de repè­res objec­tifs com­mu­né­ment accep­tés, est sans doute l’ambi­tion la plus géné­rale de cette thèse.

Abstract

This dis­ser­ta­tion offers an inter­pre­ta­tion of the works of Machiavelli, Montesquieu and Tocqueville by esta­bli­shing a conver­sa­tion bet­ween them. Its main objec­tive is to shed some more light on three clas­sic works of Western poli­ti­cal phi­lo­so­phy by fol­lo­wing the his­tory of the anthro­po­lo­gi­cal, socio­lo­gi­cal and poli­ti­cal concept of « inquié­tude » (rest­less­ness).

The other major pur­pose of this work is to fur­ther deve­lop what Tocqueville has cal­led the « new science of poli­tics », which is cha­rac­te­ri­zed by the pur­suit of a sin­gu­lar link bet­ween the ana­ly­sis of facts, social life as it is, and the ques­tio­ning of what it is. I argue that the theo­ries of Machiavelli, Montesquieu and Tocqueville are all foun­ded in a sin­gu­lar social and poli­ti­cal expe­rience, and, at the same time, pro­vide the means of applying judg­ment and cri­ti­cism. The fun­da­men­tal goal of this work is to elu­ci­date this par­ti­cu­lar rela­tion­ship bet­ween ana­ly­sis and cri­ti­cism, and to unco­ver some cri­te­ria that might inform poli­ti­cal jud­ge­ment where there is no com­monly accep­ted objec­tive stan­dard.

Diego Vernazza inter­vien­dra en mai 2012 dans le cadre du sémi­naire « (Re)lire L’Esprit des lois », à l’ENS de Lyon, dont le pro­gramme défi­ni­tif sera bien­tôt en ligne.