Réunion du 4 juin 2016

Comité de direction des Œuvres complètes de Montesquieu

Le Comité de direction se réunit à l’ENS de Lyon le 4 juin 2016, à 10h.
Présents : Rolando Minuti, Alberto Postigliola, Pierre Rétat, Philip Stewart, Catherine Volpilhac-Auger.

Excusés : Cecil Courtney, Nadia Plavinskaia.

Nadia Plavinskaia rejoint le Comité de direction, après consultation de ses membres (qui tous ont donné une avis chaleureusement favorable), à titre de co-directrice de l’édition de la correspondance (t. XXI et XVIIIbis). Elle est vivement remerciée d’avoir accepté cette nouvelle charge. Elle a déjà mis au service de l’édition de la correspondance son savoir historique et son esprit critique. Son aide a été précieuse en tant qu’annotatrice, et le sera désormais en tant que co-directrice (en particulier pour le tome XVIIIbis, sur lequel on reviendra dans la suite).

AVANCEMENT DE L’EDITION

Tome XVII (Extraits et notes de lecture)

Le texte définitif a été rendu à ENS Éditions au début de février. La mise au point définitive des notes sur l’ouvrage de Guisnée a été retardée par des problèmes techniques tenant à la présentation des équations ; l’éditeur scientifique, après un long retard, a été exemplaire dans la dernière phase du travail.

ENS Éditions avait d’abord envisagé l’envoi des épreuves dans la seconde semaine de juillet ; le calendrier définitif est le suivant :

• Vérification des épreuves mises en page : septembre 2016.
• Report des modifications de mise en page : octobre.
• Validation du bon à tirer : novembre.
• Envoi à Classiques Garnier : décembre (impression : début 2017 ?)

Se pose la question de l’index ; P. Rétat propose de s’en occuper.

Il pourra aussi être fait appel à Anne-Lise Martin.

Tome XX (Correspondance III, juillet 1747-septembre 1750)

Ce volume pourrait être rendu à ENS Éditions à la fin de 2016. Il aura parmi ses relecteurs Isabelle Brancourt, qui n’a pu travailler comme annotateur, et qui avait fait une très utile relecture du tome XIX. On attend encore des notes de JP Poussou. Ce volume a bénéficié du soutien financier de la Fondation La Poste (indispensable pour financer des missions à Paris, Lyon, Rome, et pour une première relecture typographique) : 2000€ déjà versés en 2016, 1000€ à venir d’ici la fin de l’année.

Tome XXI (Correspondance IV, septembre 1750-1755)

Ce volume sera placé sous la triple responsabilité de Ph. Stewart, Nadia Plavinskaia et C. Volpilhac-Auger. Le soutien financier de la Fondation La Poste sera aussi demandé. Le calendrier dépendra de celui du tome XX, et de l’avancement des tomes XIV-XV (Pensées).

Tomes XIV-XV (Pensées)

Ces volumes ont connu de gros retards, priorité absolue ayant été donnée aux tomes XVII et XX, ainsi qu’à la Bibliothèque virtuelle Montesquieu et au tome XVIIIbis (voir ci-après). Ils devront être à leur tour prioritaires une fois achevés les tomes XVII et XX. Le tome III du manuscrit est annoté à 90%, le tome I à 60% ; le tome II est en cours.

Tomes V-VI (Esprit des lois)

Il faut penser à des annotateurs : Jean Terrel sera sollicité, ainsi que des chercheurs ayant traduit Montesquieu, comme Giovanni Paoletti (notamment sur les derniers livres) ; le nom de David Carrithers est également suggéré.
Est envisagé un séminaire d’annotation (à Lyon à la fin de l’automne, à Florence au printemps 2017). Alberto Postigliola se propose de reprendre l’annotation du livre I (publiée en 1998) ; il pourrait aussi s’occuper du livre XI.

Le choix du texte de base avait fait l’objet de longues discussions ; la question portant sur deux versions très proches (1750 et 1753) ce n’est pas vraiment un obstacle ; des recherches ultérieures pourraient permettre de trancher.

ÉDITION EN LIGNE

Bibliothèque virtuelle

Elle en est toujours aux derniers réglages, mais elle est d’ores et déjà opérationnelle, à l’adresse définitive : http://montesquieu.huma-num.fr (qui est l’adresse du futur site des Œuvres complètes en ligne) ; parmi les Œuvres complètes en ligne, ne figure pour le moment que le Catalogue de La Brède.

Le site

C. Volpilhac-Auger présente ce site, dont le « squelette » a été réalisé. Elle expose les choix de présentation, faits ou à faire, en se fondant sur l’important travail de Cécile Becquignon, stagiaire du Master Éditions numériques du CESR de Tours, qui s’est entièrement consacrée pendant 3 mois à l’édition Montesquieu, sous la conduite de C.Volpilhac-Auger, mais surtout de Valérie Beaugiraud (CNRS, UMR 5317) et Denise Pierrot (ENS de Lyon), ingénieurs d’étude. Les membres du comité de direction saluent ce travail, qui leur paraît considérable et très impressionnant.

La question de la relation avec l’édition d’origine est évoquée ; CVA rappelle sa position, lors du conseil scientifique de mai 2015 : signaler les modifications par rapport à l’édition papier (sauf pour le tome XVIII : voir ci-après). Cela lui semble de plus en plus irréalisable : non seulement c’est focaliser l’attention sur les erreurs de l’édition papier, mais surtout c’est considérer que l’édition en ligne est proche d’une reproduction de l’édition papier. Si on peut l’admettre pour les volumes les plus récents, jusqu’en 2007 cela ne peut être le cas, ne serait-ce que du fait que les consignes de transcription des manuscrits ont été modifiées. D’autres choix peuvent être faits que ceux qui ont présidé à ces volumes : par exemple, est-il encore utile de reproduire en variantes les leçons (erronées) des premières éditions, par exemple des mémoires scientifiques publiés par Plassan, ou des résomptions publiées par Masson ? Il faut aussi que l’édition en ligne utilise les fonctionnalités disponibles : par exemple, au lieu de longues citations (ou de citations tronquées, faute de place dans les notes), renvoyer à une numérisation de l’ouvrage cité (une partie du travail sera faite automatiquement grâce à la BVM).

Il est demandé aux membres du comité de direction d’expertiser les volumes publiés, afin de mesurer la nécessité d’une correction d’ensemble et de détail, d’une actualisation, etc.

Se pose aussi la question des œuvres d’attribution douteuse (Voyage à Paphos, Essai sur le juste et l’injuste) ; est-il encore nécessaire de les reproduire, sachant qu’avec des textes mis en ligne, le principal garde-fou qu’est le rejet en fin de volume n’existe plus ? On risque de reconduire des aberrations éditoriales, autrement dit de continuer à les cautionner, alors que ces œuvres n’ont aucune raison scientifique d’être considérées comme étant de Montesquieu.

La question du moteur de recherche dans un corpus aussi hétérogène et dont la variabilité orthographique est considérable, avait été soumise au comité. On peut envisager de faire fonctionner le moteur sur une version modernisée et corrigée ; mais cela ne peut concerner l’ensemble des 21 volumes de texte : le travail serait énorme. On peut aussi considérer qu’il suffit de faire toutes les recherches possibles avec toutes les orthographes possibles ; mais cette démarche est celle de chercheurs aguerris ; l’objectif est de rendre le texte de Montesquieu accessible au plus grand nombre possible de lecteurs. Un moteur comme « Philologic », qui inclut une certaine marge d’erreur orthographique, doit être pris en compte. La question reste à l’étude.

Il a déjà été question du tome XVIII lors des précédentes réunions : le constat était sévère ; il a encore empiré depuis. Philip Stewart et C. Volpilhac-Auger ont commencé à travailler sur le tome XVIIIbis : un échantillon des 30 premières lettres a été envoyé à tous les membres du comité de direction, complété peu de jours avant la réunion par CVA après une séance de travail à la bibliothèque municipale de Bordeaux (ce qui renforce les conclusions). Non seulement en 1998 avaient été jointes au corpus des lettres qui n’ont rien à y faire (une lettre adressée en fait au père de Montesquieu), mais on relève constamment des erreurs de datation, dues à de mauvaises lectures ou de mauvaises interprétations, des choix discutables (assignation arbitraire de certaines lettres à certains destinataires), une annotation qui ne présente bien souvent aucun fondement scientifique, ou dont l’information historique remonte au milieu du XXe siècle. On savait qu’il fallait refaire entièrement la transcription (malheureusement certaines lettres ne sont plus disponibles que par le tome XVIII, en raison du refus d’Edgar Mass de rendre les photocopies ayant servi à l’édition) ; on sait maintenant qu’on ne peut pratiquement rien garder de l’annotation, et que l’ensemble doit même être recomposé, l’authenticité, l’attribution et la datation de chaque lettre devant être passées au crible. Pour tous ces raisons, le tome XVIII sera traité comme une édition antérieure (au même titre que l’édition Gébelin), et non comme l’édition papier servant de base à l’édition en ligne.

Nadia Plavinskaia a envoyé des remarques qui servent de base de discussion ; outre des remarques précises sur telle ou telle lettre (qui apparaissent parfaitement justifiées), elle propose de renuméroter entièrement ce corpus ; la suggestion paraît s’imposer ; ce sera l’occasion de faire disparaître les « lettres-fantômes », soit environ 20% du corpus de 1998, dont les justifications scientifiques sont discutables.

La séance est levée à 12h45.