Montesquieu
 

Montesquieu, Correspondance II (1731-1747)

Œuvres complètes, tome XIX

Le 2e volume de la cor­res­pon­dance de Montesquieu (1731-1747, let­tres 365-651), est paru (juillet 2014). Coédité par ENS Éditions et Classiques Garnier, il cons­ti­tue le tome XIX des Œuvres com­plè­tes de Montesquieu, publiées par la Société Montesquieu et le CERPHI (UMR CNRS 5037, ENS de Lyon).

Dirigé par Philip Stewart et Catherine Volpilhac-Auger, il est dû à François Cadilhon, Cecil Patrick Courtney, ‡Louis Desgraves, Jens Häseler, Nadezda Plavinskaia, Philip Stewart, Caroline Verdier, Catherine Volpilhac-Auger.

Publication sou­te­nue par la Fondation La Poste, le Centre natio­nal du livre, le conseil régio­nal d’Aquitaine, la Fondation BioMérieux.

LXXIV + 568 pages, 17 illus­tra­tions, 118 € (les mem­bres de la Société Montesquieu peu­vent acqué­rir l’ouvrage avec une réduc­tion de 50% dans les mois qui sui­vent sa publi­ca­tion ; ils doi­vent rece­voir à cet effet un bon de com­mande envoyé par les éditions Classiques Garnier)

ISBN 978-2-8124-1719-1. EAN 9782812417191

Le cor­pus entier com­prend désor­mais un mil­lier de let­tres (deux volu­mes sont encore à paraî­tre) et est accom­pa­gné d’une très riche anno­ta­tion et d’annexes his­to­ri­ques et docu­men­tai­res (150 pages pour les seu­les annexes du tome XIX). Le tome XIX pré­sente, outre ses pro­pres index (matiè­res et noms de per­son­nes), ceux du tome XVIII, ainsi qu’une table de concor­dance entre cette édition et les pré­cé­den­tes, ren­due néces­saire par le grand nom­bre des cor­rec­tions effec­tuées sur l’iden­ti­fi­ca­tion des des­ti­na­tai­res et la data­tion des let­tres.

Les let­tres

Sont pré­sen­tées ici, pour la période 1731-1747 (du retour des voya­ges en Europe à l’envoi à l’impri­meur de L’Esprit des lois), 288 let­tres, acti­ves et pas­si­ves, qui valent par leur variété, de la chro­ni­que lit­té­raire pari­sienne aux nou­vel­les de la guerre ou de la poli­ti­que, des échanges entre savants à la dis­cus­sion mon­daine, et évoquent bien sûr la pré­pa­ra­tion et la publi­ca­tion de deux ouvra­ges majeurs de Montesquieu, les Considérations sur les cau­ses de la gran­deur des Romains et de leur déca­dence (1734) et L’Esprit des lois (1748).

Elles témoi­gnent aussi de l’acti­vité de Montesquieu pro­prié­taire fon­cier, qui se mon­tre également père de famille atten­tif. Les prin­ci­pa­les révé­la­tions por­tent sur le long pro­cès (1726-1743) où l’on avait vu jus­que-là un Montesquieu pro­cé­du­rier acharné. L’ampleur des enjeux, telle qu’elle appa­raît ici, livre au contraire l’image d’un pro­prié­taire avisé et métho­di­que, qui n’en tire pas moins d’objets que l’on pour­rait juger mineurs (la répa­ra­tion d’un che­min) des leçons sur l’esprit des lois et les dan­gers d’un pou­voir cen­tra­li­sa­teur, non sans reven­di­quer l’auto­rité du sei­gneur sur ses ter­res.

Le tra­vail éditorial

L’édition se carac­té­rise par un retour sys­té­ma­ti­que au manus­crit, quand il existe. Elle a béné­fi­cié du consi­dé­ra­ble apport du fonds de La Brède (dation et legs Jacqueline de Chabannes, 1994), qui contient des docu­ments impor­tants et abso­lu­ment iné­dits sur les acti­vi­tés et notam­ment les pro­cès de Montesquieu. La mise en pers­pec­tive his­to­ri­que, indis­pen­sa­ble à la com­pré­hen­sion glo­bale de cette cor­res­pon­dance, a également per­mis des pro­grès consi­dé­ra­bles pour la data­tion des let­tres et l’iden­ti­fi­ca­tion des scrip­teurs ou des­ti­na­tai­res.

Celles-ci ont aussi été ren­for­cées par les pro­grès effec­tués ces der­niè­res années dans le cadre de l’édition des Œuvres com­plè­tes avec l’ana­lyse de l’écriture des secré­tai­res de Montesquieu (voir notam­ment De l’esprit des loix (manus­crits), 2008, 2 volu­mes). Les dif­fé­ren­ces avec l’édition de 1911-1955 (Céleste, puis Gébelin), mais aussi avec celle de 1982 (col­lec­tion d’Aux publiée par René Pomeau), sont donc très impor­tan­tes.

Les trans­crip­tions ont été consi­dé­ra­ble­ment amé­lio­rées, grâce à une fami­lia­rité nou­velle avec l’écriture des dif­fé­rents scrip­teurs. Les direc­ti­ves de trans­crip­tion ont été modi­fiées depuis le 1er volume (1998), pour une meilleure lisi­bi­lité et un véri­ta­ble res­pect des manus­crits.

L’anno­ta­tion, des­ti­née avant tout aux cher­cheurs, a pour pre­mier objet, outre ces iden­ti­fi­ca­tions et ces pré­ci­sions chro­no­lo­gi­ques, d’éclaircir (dans la mesure du pos­si­ble) les allu­sions, expli­ci­tes ou impli­ci­tes, et de res­ti­tuer les enjeux de cha­que let­tre, tout en livrant les éléments qui per­met­tent de recons­ti­tuer une his­toire per­son­nelle et intel­lec­tuelle de Montesquieu et de ses cor­res­pon­dants.

Elle s’efforce d’éviter les points de vue rétros­pec­tifs et ana­chro­ni­ques, et se place cha­que fois au moment de l’écriture, pour envi­sa­ger notam­ment ce que les contem­po­rains savaient et disaient d’un événement, évoquant ses consé­quen­ces au futur sans les anti­ci­per. L’impor­tance des his­to­riens dans cette équipe per­met une véri­ta­ble mise en pers­pec­tive : le savoir contem­po­rain informe l’anno­ta­tion mais ne la déter­mine pas.

Télécharger la table des matiè­res http://www.clas­si­ques-gar­nier.com/e…

Les index du tome XIX sont d’ores et déjà consul­ta­bles :

http://mon­tes­quieu.ens-lyon.fr/spip…

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